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Aires protégées : surfaces, efficacité

I. Introduction

La première réponse historiquement apportée au déclin de la biodiversité a été sa mise en réserve. Aujourd'hui encore, cette stratégie de conservation est un axe majeur des politiques environnementales. Il s'agit ici :
  • de mesurer l'effort fourni en Languedoc-Roussillon (mesure de la réponse)
  • de mesurer l'adéquation de la réponse avec les enjeux en termes de biodiversité
  • d'évaluer l'impact de cette réponse sur la biodiversité (effet propre ?).

De nombreux types d’outils existent pour protéger des éléments spécifiques de faune, de flore et des habitats naturels les abritant. Ils sont de trois ordres : les protections réglementaires, foncières et contractuelles. Chaque statut de protection a des objectifs, des contraintes et des modes de gestion spécifiques. On distinguera donc les différents types de statut dans les indicateurs produits.

II. Indicateurs existants

1. Indicateurs européens

Deux principaux indicateurs relatifs aux surfaces des espaces protégés nationaux et aux objectifs Natura 2000.

(I7) Nationally designated protected areas
=> Il s'agit de la surface des aires protégées nationalement pour 39 pays.

(I8) Sites designated under the EU Habitats and Birds directives
=> Cet indicateur est complexe et comprend plusieurs sous-indicateurs :
  • (I8.a) State of progress by member states in reaching sufficiency for the Habitats directive Annex I habitats and Annex II species
  • (I8.b) State of progress by biogeographical region in reaching sufficiency for the Habitats directive Annex I habitats and Annex II species
  • (I8.c) Cumulative surface area of sites designated for the habitats directive over time (by country)
  • (I8.d) Cumulative surface area of sites designated for the Birds directive over time (by country)

2. Indicateurs nationaux

(16) Evolution de la surface en aires protégées, globale et par type d’aires protégées
Cet indicateur semble incontournable mais devrait être complété par les protections régionales.

(17) Surface des sites Natura 2000 (directive oiseaux et directive habitats), suffisance de ces propositions
Déclinaison régionale possible pour les surfaces Natura 2000. Par contre se pose la question du calcul de la suffisance au niveau régional : calcul de la contribution régionale ?

Noter l’intention de développer deux indicateurs supplémentaires :
(18) [représentativité des aires protégées par rapport aux enjeux de biodiversité]
(19) [efficacité des aires protégées en termes de conservation de la biodiversité (plans de gestion)]

3. Autres indicateurs

ORGFH

I.19 Surface de la frange littorale acquise par le CEL, le CEN LR, les collectivités, etc. et Km de littoral acquis / total littoral métropolitain
I.26 Nombre de sites de nidification bénéficiant d'une protection
I.30 Nombre de sites souterrains protégés

Monitoring suisse

M1 Etendue des réserves naturelles
M2 Etendue des réserves naturelles sûres (ie, où sont réellement appliquées des mesures de gestion)

ALTERRE

  • Zones importantes pour la Conservation des Oiseaux (surfaces des ZICO)
  • Milieux naturels visés par des engagements internationaux de la France (surfaces ZPS, ZSC, RAMSAR)
  • Milieux naturels protégés par des mesures autres que réglementaires (acquisitions, locations de terrains par CG, conservatoires, associations, organismes publiques, par types de milieux et par départements)
  • Milieux naturels faisant l'objet d'une protection réglementaire (séries forestières d'intérêt écologique, forêts de protection, arrêtés de protection de biotope, réserves naturelles volontaires, réserves naturelles)

III. Réflexions

1. Sur quels critères évaluer les aires protégées ?

L'évaluation des aires protégées se fait selon deux critères principaux :
  • leur représentativité vis à vis des enjeux (localisation pertinente)
  • leur impact réel sur ces enjeux

2. Quelles métriques utiliser pour évaluer ces critères ?

a. Représentativité des aires protégées

La question est de savoir si les aires protégées sont localisées correctement vis à vis des enjeux. Divers types de mesures peuvent être proposés et sont parfois complémentaires :

La surface protégée
Un premier indicateur trivial est la surface faisant l'objet d'une protection. Plus cette surface est grande, plus la probabilité est grande que le réseau d'aires protégées soit représentatif de la biodiversité. Cependant, il est important de différencier les types de statuts de protection et de mettre l'accent sur les surfaces faisant l'objet de protections régionales et départementales.

Le taux de superposition des statuts de protection
Il permet de mesurer la redondance des désignations. C'est un indicateur simple et facile à obtenir. Il est indispensable à l'interprétation des surfaces données par statut de protection. Cet indicateur mesure la cohérence / l'efficacité des politiques menées en se focalisant sur la possible sur-accumulation des statuts sur les mêmes zones au détriment d'autres. Cependant il est insuffisant pour évaluer l'impact réel des aires protégées et ne tient pas compte du fait que certains outils sont complémentaires.

La richesse incluse dans des aires protégées
  • ce type d'indicateur a l'inconvénient de ne pas différencier une simple occurence, d'une population/surface viable (données d'abondances nécessaires) donc il doit être interprété avec prudence s'il se base sur des données en présence-absence
  • cet indicateur est TRES dépendant de la standardisation des données utilisées (pression d'échantillonnage) et devrait donc être limité à des zones suffisamment inventoriées (par exemple, les ZNIEFF), le risque étant dans le cas contraire d'identifier des zones particulièrement riches autour des grandes agglomérations, en particulier Montpellier, et des zones vides par défaut d'observation.
  • cet indicateur ne fait pas de différence entre les espèces ayant différents statuts de vulnérabilité : il inclut la diversité ordinaire

Le nombre d'espèces remarquables dans des aires protégées
Cet indicateur est similaire au précédent mais cible les espèces remarquables.
Une possibilité est suggérée par le cahier technique de la SRB qui présente (pp. 84-92) le nombre d'occurences d'espèces déterminantes ZNIEFF :
  1. dans l'ensemble de la région
  2. dans l'ensemble des zones ayant au moins 1 statut de protection
  3. dans des zones à statut de protection fort (Réserves Naturelles Nationales et Régionales, Arrêtés de Biotope, Parc National des Cévennes Zone Centrale)

Le nombre d'espèces/d'habitats menacés non inclus dans des aires protégées
Cet indicateur est intéressant car il cible un objectif simple, qui est que toutes les espèces/habitats les plus vulnérables soient inclus dans des aires protégées. Néanmoins, une fois l'objectif atteint (réduire à zéro le nombre d'espèces/habitats menacés non pris en compte dans des aires protégées), cet indicateur est insuffisant car il ne rend pas compte de la qualité de la protection (proportion de la population faisant l'objet d'une protection, efficacité).

La proportion moyenne d'occurence d'espèces remarquables dans des aires protégées
  • la moyenne pour toutes les espèces ZNIEFF, de leurs pourcentages respectifs d'occurences dans des zones protégées permettrait de mieux refléter la proportion des populations représentées dans les aires protégées
  • cet indicateur introduit la possibilité de fixer un seuil à atteindre
  • il permet de fournir un intervalle de confiance
  • les mêmes remarques s'appliquent cependant concernant la qualité des données (pression d'échantillonnage et fait qu'une occurence ne signifie pas une population viable)
  • il est possible soit de restreindre les espèces prises en compte à un statut particulier (uniquement les espèces les plus menacées), soit de pondérer arbitrairement les espèces par un indice de vulnérabilité (par exemple, leur note ZNIEFF).
  • pour être complète, la même approche devrait être appliquée aux habitats ZNIEFF.

La diversité fonctionnelle couverte par les espaces protégés
Les espèces spécialisées étant plus vulnérables que les généralistes, elles devraient être protégées en priorité. Un indicateur pour évaluer la pertinence de la localisation des aires protégées pourrait être de calculer l'indice moyen de spécialisation des espèces qui s'y trouvent.

b. Impact sur la biodiversité

Il est pour l'instant difficile de répondre à la question de l'efficacité réelle des divers statuts de protection, la plupart des mises en réserves ne faisant pas l'objet d'une évaluation a posteriori. Les suivis effectués au sein de certaines réserves pourraient néanmoins servir à mesurer l'effet réserve (cf RN de Banuyls par exemple) mais cette question reste à développer pour une application à toutes les surfaces protégées à l'échelle régionale.

3. Par rapport à quels objectifs effectuer l'évaluation ?

Toute évaluation devrait être faite en regard d'objectifs chiffrés et réalistes. En l'absence de tels objectifs, il peut être contre-productif de produire des indicateurs qui, par construction, n'atteindront jamais leur maximum (il est impossible de protéger 100% de la biodiversité). il serait donc nécessaire de fixer des seuils à atteindre qui soient acceptables (vis à vis d'autres enjeux socio-économiques) et suffisants (vis à vis de l'enjeu biodiversité). Pour l'instant il n'a pas été fixé de tels chiffres au niveau de la région Languedoc-Roussillon, mais la création d'un ORB et la volonté de publier des indicateurs d'évaluation devrait conduire à se poser collectivement cette question : quel objectif doivent atteindre les aires protégées du Languedoc-Roussillon ?

IV. Propositions pour l'ORB

1. Surfaces ayant un statut de protection

Il y a un consensus sur la nécessité de suivre les surfaces régionales des espaces protégés de différentes catégories à la manière des indicateurs nationaux 16 (toutes catégories) et 17 (Natura 2000). Ces données sont détenues par la DIREN.

Un indicateur global "Aires protégées" est proposé. Cet indicateur a pour but de donner une vision globale et comparative des surfaces en aires protégées par catégorie de statut.
=> voir la proposition d'indicateur "Surfaces des aires protégées"

Un indicateur spécifique au réseau Natura 2000 est également proposé par la DIREN. Cet indicateur reprend les données du baromètre Natura 2000 de la DREAL.
=> voir la proposition d'indicateur "Réseau Natura 2000"

Un indicateur reflétant la superposition des statuts de protection est proposé en complément de l'indicateur sur les surfaces :
=> voir proposition d'indicateur "Taux de superposition des statuts de protection en LR"

2. Représentativité des espèces et des habitats à enjeux

Pas de proposition pour l'instant

3. Impact des aires protégées

Pas de proposition pour l'instant



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