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Gestion des espèces envahissantes

I. Introduction

La gestion des espèces envahissantes se joue à de nombreux niveaux, principalement :
  • l'assurance d'une veille sur les espèces envahissantes
  • le soutien et la mise en place de plans d’intervention expérimentaux en vue de limiter la propagation des espèces envahissantes.
  • la formation et la sensibilisation sur les espèces envahissantes

Il s'agit dans cette partie d'évaluer les efforts qui sont fournis en ce sens au niveau de la région Languedoc-Roussillon.

II. Indicateurs existants

1. Indicateurs européens

Néant.

2. Indicateurs nationaux

(24) Nombre de plans de gestion des espèces envahissantes en France métropolitaine
Cet indicateur ne mesure que très imparfaitement l'effort fourni, et ne mesure pas l'impact réel de cet effort.

3. Autres indicateurs

ORGFH

(NB : les propositions ORGFH ne sont pas détaillées)
I.70 Mise en place et suivi d'un observatoire sur les espèces envahissantes en LR
Il ne s'agit pas d'un indicateur aisément chiffrable au cours du temps mais d'une préconisation d'action.
I.71 Superficie traitée contre les plantes envahissantes
I.72 Nombre d'opérations d'effarouchement ou de régulation des espèces à perception différenciée

III. Bilan des actions menées en Languedoc-Roussillon

Flore

Le CBNMP suit depuis longtemps la progression des espèces envahissantes au travers de sa base de données floristiques.

Un plan d'action régional a été lancé en 2001 par l'Agence méditerranéenne de l’environnement (AME) et le Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles. Ce plan a consisté principalement en l'acquisition de connaissances sur la répartition des plantes envahissantes en Languedoc-Roussillon (mise en place d'un réseau d'observation) et la hiérarchisation des menaces. Il a abouti à la publication du guide Plantes envahissantes de la région méditerranéenne qui présente les 15 espèces considérées comme les plus problématiques dans la région.

Ce programme prévoit dans un deuxième temps de mettre en place des expérimentations de gestion des espèces envahissantes, avec différents moyens de contrôle :
  • "Le contrôle manuel et mécanique : il repose sur l’arrachage, le fauchage, le débroussaillage ou les coupes de ligneux. Les coûts sont souvent très élevés mais l’efficacité est au rendez-vous. Encore faut-il que l’invasion ne soit pas trop importante.
  • Le contrôle chimique : là encore les résultats sont partiels et temporaires. Et l’impact sur la biodiversité et l’environnement est loin d’être négligeable.
  • Le contrôle biologique : par introduction de consommateurs ou de parasites qui s’attaquent aux plantes envahissantes.
  • Le contrôle écologique : l’arrêt des perturbations naturelles ou humaines ou la restauration des milieux dégradés peuvent être des méthodes efficaces."

A noter que ce programme concerne également la région PACA.

Actuellement l'action se tourne de plus en plus vers la prévention, l'analyse de risque a priori, et la détection précoce des envahissantes. Cette dernière permet à la fois de diminuer les coûts d'éradication, et que ces actions d'éradication soient réellement efficaces. Elle repose néanmoins sur l'existence d'un réseau d'observation suffisamment dense et réactif, et pose la question de la définition des critères d'identification des espèces potentiellement envahissantes (donc à éradiquer).

Fried et al. (2009) proposent 3 grands critères :
- le fait d'être envahissante ailleurs dans le monde
- la similitude climatique avec l'aire d'origine
- traits de vie (production de graines, dispersion, généraliste, taille, croissance)

Faune

Contrairement à la flore, aucun plan d'action n'est encore défini pour la faune en Languedoc-Roussillon. Le CEN LR vient de faire en 2009 des propositions d'orientations stratégiques pour un plan d'actions sur les espèces envahissantes de la faune en Languedoc-Roussillon (CEN LR 2009).

Il note que "l’ampleur du phénomène est mal connu ainsi que ses impacts sur les communautés biologiques. Des actions de gestion sont parfois entreprises mais sans coordination ni évaluation centralisée. Il n’existe ni suivi, ni observatoire organisé, globaux, de ces phénomènes biologiques." (CEN-LR, 2009)

Le CEN identifie un certain nombre d'acteurs ayant une implication dans la gestion des espèces envahissantes :

Connaissance et gestion
  • l'ONCFS
  • l'ONEMA (milieux aquatiques)
  • l'EID (moustiques, milieux humides démoustiqués)

Régulation et lutte
  • commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage
  • Services régionaux de la protection des végétaux (DRAF)
  • syndicats professionnel agricole chargés de la surveillance sanitaire des végétaux (Fédérations régionales de défense contre les organismes nuisibles FREDON, structurées en Fédération nationale, FNDON, Fédérations départementales, FDGDON et GDON, groupements de défense contre les organismes nuisibles)
  • lieutenants de louveterie (battues)

A noter qu'un "groupe de travail « Espèces invasives en milieu aquatique » animé par l’ONEMA, a été créé fin 2008. Il regroupe les différents acteurs des milieux aquatiques (Agences de l’eau, MEEDDAT, ONCFS, Parcs régionaux, INRA, Universités, CNRS, MNHN, VNF…). Il a pour objectifs d’élaborer une ligne directrice pour la gestion des invasions biologiques dans les écosystèmes aquatiques ainsi que des outils opérationnels à destination des gestionnaires et des décideurs. Il aura aussi pour mission de définir les enjeux scientifiques à plus long terme." (CEN LR 2008)

Ce groupe est récent et les outils ne sont donc pas encore en place.

IV. Propositions pour le Languedoc-Roussillon

Mesure de l'effort fourni pour la gestion des espèces envahissantes

  • faire la somme des montants consacrés aux espèces envahissantes (si possible en séparant 3 postes : recherche/connaissance, contrôle/action, vulgarisation/sensibilisation)
  • comme au niveau national, compter le nombre de plans ? Cette option paraît réellement insuffisante.
  • [à développer par les acteurs concernés]

Efficacité des mesures prises

L'efficacité des mesures prises contre les espèces envahissantes peut être estimée en première approche par le simple suivi du nombre d'espèces envahissantes de la région (Indicateur espèces envahissantes). Ce nombre peut refléter des changements liés à la sensibilisation / information diffusée. Cependant, on ne pourra distinguer cet effet positif des causes premières de l'apparition d'espèces envahissantes.

Une meilleure façon de mesurer cette efficacité serait de cibler les espèces faisant l'objet de plans de contrôle et de suivre l'évolution de leurs effectifs / de leur distribution au cours du temps. Existe-t-il de tels suivis ? Par qui ?

Cependant, même si ces suivis existent, ce n'est pas l'effet propre des mesures de contrôle qui sera nécessairement mesuré, en l'absence de plan expérimental (ie avec des témoins). Une autre approche serait donc de faire un simple bilan des connaissances scientifiques ayant trait à l'efficacité des plans de contrôle d'espèces envahissantes, mais il ne s'agit plus d'un simple indicateur.

Voir la mesure de la pression exercée par les espèces envahissantes


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